NVIDIA dans le viseur de la Chine après le rachat de Mellanox
Pékin accuse NVIDIA d’avoir violé ses règles de concurrence lors du rachat de Mellanox. L’affaire refait surface en plein contexte de tensions commerciales.
Par Alexandre Leroux
La Chine vient d’accuser NVIDIA d’avoir enfreint ses lois antitrust lors du rachat de Mellanox, finalisé pour 6,9 milliards de dollars. Selon le régulateur chinois (SAMR), l’entreprise n’aurait pas respecté certaines conditions imposées lors de l’approbation de l’opération en 2020, notamment l’obligation de continuer à fournir ses GPU et technologies d’interconnexion au marché chinois dans des conditions équitables.
Ces conclusions préliminaires interviennent alors que Pékin et Washington mènent des négociations commerciales à Madrid. Selon certaines sources, la Chine aurait volontairement attendu ce moment pour rendre publique sa décision, afin de renforcer son poids dans les discussions.
Le rachat de Mellanox remonte à 2019 et avait été validé par plusieurs autorités internationales, dont la Chine. Mais depuis quelques mois, le climat s’est nettement tendu autour de NVIDIA. Pékin aurait même demandé à ses entreprises d’éviter d’acheter les nouvelles puces H20 de la marque, le temps d’un examen lié à la sécurité nationale.
La méfiance s’est accentuée après les déclarations de Howard Lutnick, secrétaire au Commerce des États-Unis, qui affirmait cet été que NVIDIA ne vendrait jamais ses technologies les plus avancées à la Chine, préférant garder une longueur d’avance tout en maintenant une certaine dépendance de ses partenaires chinois.
Pour l’instant, aucune sanction n’a été annoncée. Mais cette affaire illustre à quel point les tensions autour des semi-conducteurs s’intensifient entre les deux superpuissances.