Un activiste en grève de la faim contre l'intelligence artificielle
Un homme entame sa 9e journée de grève de la faim devant Anthropic pour protester contre le développement de l'intelligence artificielle générale.
Par Anthony Rodier
L'intelligence artificielle générale (AGI) fait rêver les géants de la tech comme OpenAI et Anthropic. Mais pour l'activiste Guido Reichstadter, cette technologie représente un danger mortel pour l'humanité.
Aujourd'hui, l'IA atteint des performances impressionnantes. Le futur GPT-5 d'OpenAI rivaliserait avec l'intelligence d'un doctorant, tandis que Mark Zuckerberg promet une "superintelligence artificielle" chez Meta. L'objectif ultime ? Créer une intelligence artificielle générale capable de raisonner exactement comme un humain, mais en bien plus puissant.
Ces avancées inquiètent profondément certains experts. Geoffrey Hinton, surnommé le "parrain de l'intelligence artificielle", prédit un futur dominé par ces systèmes. Mais Guido Reichstadter va plus loin que les simples mises en garde.
Neuf jours de protestation devant Anthropic
L'activiste en est à sa neuvième journée de grève de la faim, installé devant les bureaux d'Anthropic à San Francisco. L'entreprise, créatrice du chatbot Claude, travaille elle aussi au développement d'une AGI.
"Aucune de ces entreprises n'a le droit de faire ce qu'elles font, c'est-à-dire mettre consciemment ma vie, la vie de ma famille, toutes nos vies en danger", déclare-t-il. "La chose correcte à faire serait d'arrêter la course mondiale vers une IA vraiment dangereuse à laquelle nous participons tous."
Pour Reichstadter, le problème dépasse les risques habituels de la technologie. "Lorsqu'on s'attaque aux systèmes que ces entreprises tentent de construire, des systèmes qui dépassent l'humain sur tous les plans importants, il s'agit d'une toute nouvelle catégorie de danger", explique-t-il.
Un futur incertain sans plan de contrôle
L'activiste pointe du doigt l'absence de stratégie pour maîtriser ces futurs systèmes. "Quelles que soient les promesses spéculatives que ces systèmes pourraient apporter, le fait est qu'aucune de ces entreprises n'a de feuille de route pratique pour contrôler ce pouvoir une fois qu'elles l'auront créé."
Si l'intelligence artificielle générale n'existe pas encore, elle pourrait arriver plus tôt que prévu. Benjamin Mann, cofondateur d'Anthropic, estime qu'on pourrait "atteindre" l'AGI dès 2027 ou 2028.
Cette protestation solitaire soulève une question cruciale : sommes-nous prêts à gérer une technologie potentiellement plus intelligente que nous ? La réponse déterminera peut-être l'avenir de notre espèce.