Des touristes piégés par une fausse vidéo de voyage générée par IA
Une fausse vidéo de voyage générée par IA pousse plusieurs familles à se déplacer pour visiter un lieu… qui n’existe même pas.
Par Anthony Rodier
Une escapade de week-end censée être mémorable s’est transformée en grosse désillusion pour un couple malaisien. Trompés par une vidéo ultra-réaliste circulant sur les réseaux sociaux, ils ont parcouru plus de 370 kilomètres depuis Kuala Lumpur pour découvrir… qu’aucune des attractions promises n’existait.
Le clip en question, diffusé sous la bannière d’une fausse chaîne d’infos appelée "TV Rakyat", présentait un soi-disant reportage sur une attraction spectaculaire nommée "Kuak Skyride", un téléphérique panoramique situé à Kuak Hulu, dans l’État de Perak. On y voyait des vues de montagnes verdoyantes, des interviews de prétendus touristes, un restaurant de luxe avec vue, et même un zoo de cerfs à caresser. Le tout semblait crédible : voix off, qualité d’image pro, ambiance journalistique… Pourtant, tout était généré par une intelligence artificielle, probablement à l’aide du modèle Veo 3 de Google.
Arrivés sur place, le couple a réservé une chambre dans un hôtel local avant de demander comment accéder au téléphérique. Une employée, déconcertée, leur a alors expliqué que la vidéo était entièrement fabriquée par IA. Encore plus déstabilisant : même le journaliste qu’ils voulaient poursuivre en justice… n’existait pas. Lui aussi était virtuel.
Le couple n’est pas seul à s’être fait piéger. Sur les réseaux sociaux malaisiens, un autre utilisateur raconte que ses parents ont dépensé plus de 9 000 ringgits (environ 2 120 dollars américains) pour louer un van afin de faire le même trajet, convaincus par la vidéo virale. Face à l’indignation, la vidéo a depuis été supprimée.
Cette affaire soulève une vraie question : à mesure que les contenus générés par IA deviennent de plus en plus réalistes, comment peut-on différencier le vrai du faux ? Aujourd’hui, des outils comme ceux de Google ou OpenAI permettent de créer des vidéos bluffantes en quelques clics, sans compétences techniques particulières. Si ces technologies ouvrent des portes fascinantes pour la création, elles posent aussi un risque : celui de propager des informations totalement fictives, que beaucoup prennent pour argent comptant.
Peut-être est-il temps d’imaginer des solutions plus claires, comme des labels ou des filtres d’authenticité, pour que chacun puisse naviguer sereinement dans un monde numérique où l’illusion peut être plus convaincante que la réalité.